Joie et santé : pourquoi la joie est un véritable indicateur de santé
Dernière mise à jour : il y a 4 jours

Et si nous avions pris l'habitude de considérer la joie comme quelque chose de secondaire ?
Nous nous préoccupons de notre alimentation, de notre sommeil, de notre activité physique. Nous surveillons parfois nos analyses, notre tension, notre poids, nos symptômes.
Mais demandons-nous aussi suffisamment souvent :
Est-ce que je ressens encore de la joie ?
Pas nécessairement une grande joie.
Pas l'euphorie.
Simplement cette sensation d'être bien là, d'avoir envie de quelque chose, de sourire spontanément, de savourer un moment, de ressentir de l'élan.
Cette joie-là mérite peut-être davantage notre attention.
Je ne parle évidemment pas ici d'un indicateur médical que l'on pourrait mesurer comme la tension artérielle ou un résultat d'analyse. Je parle d'un indicateur plus intime : ce que notre capacité à ressentir de la joie peut parfois nous apprendre sur notre manière de vivre et sur notre état intérieur.
Joie et santé : ce que nous dit la science
Depuis plusieurs années, les chercheurs s'intéressent aux liens entre les émotions positives, le bien-être psychologique et la santé.
Les résultats ne permettent évidemment pas de dire que « penser positivement rend en bonne santé ». La réalité est beaucoup plus complexe.
Mais plusieurs travaux montrent une association entre des niveaux plus élevés d'émotions positives ou de bien-être et différents indicateurs de santé. Une revue publiée dans Annual Review of Psychology souligne notamment les liens observés entre émotions positives et plusieurs dimensions de la santé physique, tout en rappelant les limites méthodologiques de ces recherches.
D'autres travaux ont également étudié les mécanismes possibles : comportements favorables à la santé, relations sociales, perception du stress ou encore certains processus physiologiques.
Cela ne signifie pas que la joie soigne une maladie.
Cela signifie plutôt que notre état émotionnel fait partie de l'ensemble des éléments qui participent à notre expérience de la santé.
Et cette distinction est importante.
Joie, émotions et santé : quel lien avec le corps ?
Nous avons parfois tendance à séparer le corps et les émotions.
D'un côté, il y aurait le physique : le sommeil, la digestion, les douleurs, la fatigue.
De l'autre, le psychologique : le stress, la tristesse, la joie, les inquiétudes.
Pourtant, notre expérience quotidienne nous montre bien que les deux sont liés.
Une période de stress prolongé peut modifier notre sommeil, notre énergie, notre concentration et notre façon de vivre notre quotidien.
À l'inverse, un moment de joie peut nous donner davantage d'élan, l'envie de sortir, de bouger, de partager, de créer ou simplement de prendre soin de nous.
La recherche s'intéresse justement à ces interactions entre états émotionnels, comportements, environnement social et fonctionnement physiologique.
Une revue consacrée aux émotions positives et à la santé relève par exemple des associations avec certains paramètres physiologiques, notamment le cortisol, la pression artérielle et certains marqueurs inflammatoires. Mais là encore, les auteurs insistent sur la nécessité de mieux comprendre les mécanismes et de ne pas confondre association et causalité.
Autrement dit : la joie n'est pas un médicament. Mais elle n'est pas non plus un détail.

Pourquoi la joie peut-elle être un indicateur de santé ?
C'est ici que la question devient, à mes yeux, particulièrement intéressante.
Lorsque nous sommes depuis longtemps sous tension, dans l'hypervigilance, l'inquiétude ou l'épuisement, notre monde peut progressivement se rétrécir.
Nous faisons ce qu'il faut.
Nous avançons.
Nous travaillons.
Nous nous occupons des autres.
Nous gérons.
Mais avons-nous encore de la place pour ce qui nous fait du bien ?
Une promenade peut devenir une obligation.
Un repas devient quelque chose à préparer rapidement.
Un moment avec ceux que nous aimons est traversé par mille pensées.
Même les choses que nous aimions auparavant peuvent perdre leur saveur.
Ce n'est pas forcément que nous avons « perdu notre joie ».
Il est parfois simplement devenu difficile d'y accéder.
Joie et santé émotionnelle : retrouver sa place parmi les émotions
C'est une confusion que j'aimerais vraiment éviter.
Être en bonne santé émotionnelle ne signifie pas être joyeux en permanence.
La tristesse a sa place.
La colère a sa place.
La peur a sa place.
Le découragement aussi.
Toutes les émotions n'ont pas vocation à être agréables.
Elles nous renseignent sur ce que nous vivons et sur ce qui compte pour nous.
La joie n'a donc pas à remplacer les autres émotions.
Elle peut simplement retrouver sa place parmi elles.
C'est très différent.
Chercher à être positif à tout prix peut d'ailleurs devenir une nouvelle forme de pression : je devrais aller bien, je devrais être reconnaissante, je devrais profiter de la vie.
Or nous n'avons pas besoin d'ajouter une injonction supplémentaire à une vie déjà bien remplie.
Parfois, retrouver la joie commence justement lorsque nous cessons de nous demander pourquoi nous ne sommes pas plus heureux.
Les petits moments de joie sont-ils bons pour la santé ?
La joie peut parfois apparaître dans des choses très simples.
Un rayon de soleil sur la peau.
L'odeur d'une plante.
Un animal qui vient chercher notre présence.
Une conversation qui nous fait du bien.
Le plaisir de cuisiner.
Quelques minutes dehors.
Une musique.
Un projet qui nous enthousiasme.
Un rire inattendu.
Un moment où nous réalisons que, pendant quelques instants, nous n'étions plus en train de penser à tout ce que nous devions faire.
Ces moments peuvent sembler insignifiants.
Ils ne le sont pas forcément.
Des recherches portant sur les événements positifs du quotidien montrent d'ailleurs des associations entre ces expériences et différents aspects du bien-être et de la santé psychologique.
Cela me rappelle une chose essentielle dans ma manière d'accompagner :
les ressources ne sont pas toujours là où nous avons appris à les chercher.
Elles peuvent être déjà présentes dans notre quotidien.
Encore faut-il pouvoir les percevoir.
Santé et joie : regarder au-delà des symptômes
C'est aussi pour cette raison que je ne réduis pas la santé à l'absence de symptômes.
Bien sûr, les symptômes doivent être entendus et, lorsqu'ils le nécessitent, faire l'objet d'un avis médical.
Mais nous pouvons aussi nous demander :
Comment est-ce que je me sens dans ma vie ?
Ai-je encore de l'élan ?
Est-ce que certaines choses me nourrissent réellement ?
Est-ce que je me sens en lien avec moi-même ?
Avec les autres ?
Avec la nature ?
Avec ce qui donne du sens à mon quotidien ?
Ces questions ne remplacent évidemment pas une prise en charge médicale lorsqu'elle est nécessaire.
Elles ouvrent simplement une autre porte.
Celle d'une santé envisagée comme un ensemble de dimensions qui dialoguent entre elles.
La joie comme chemin de reconnexion au Vivant
C'est peut-être là que la joie rejoint profondément ma vision du Vivant.
Je crois que notre corps, nos émotions, notre environnement et notre histoire ne sont pas des éléments séparés.
Ils dialoguent en permanence.
La nature nous le rappelle aussi.
Une plante ne lutte pas contre chacune des étapes de son cycle. Elle s'adapte, se transforme, traverse les saisons.
Nous sommes évidemment différents d'une plante.
Mais nous appartenons, nous aussi, au vivant.
Et parfois, retrouver davantage de joie ne demande pas de devenir une autre personne.
Cela peut commencer par retrouver l'accès à certaines ressources qui étaient déjà là.
Un rythme plus juste.
Un lien.
Une respiration.
Une émotion que l'on s'autorise enfin à écouter.
Une activité que l'on avait abandonnée.
Une présence animale.
Un contact avec la nature.
Ou simplement la possibilité de se demander à nouveau :
Qu'est-ce qui, aujourd'hui, me fait réellement du bien ?
La réponse n'a pas besoin d'être spectaculaire.
Elle peut être toute petite.
Mais elle peut constituer un début.
Que peut nous apprendre notre joie sur notre santé ?
La prochaine fois que vous ressentez un petit moment de joie, essayez de ne pas le considérer comme anecdotique.
Arrêtez-vous quelques secondes.
Observez ce qui se passe en vous.
Votre corps.
Votre respiration.
Votre énergie.
Vos pensées.
Et demandez-vous :
Qu'est-ce que cette joie vient me montrer ?
Non pas pour la retenir.
Non pas pour la provoquer à tout prix.
Simplement pour l'écouter.
Car prendre soin de soi, ce n'est pas uniquement chercher à faire disparaître ce qui ne va pas.
C'est aussi apprendre à reconnaître ce qui nous nourrit.
Et parfois, la joie est l'un de ces petits signes qui nous rappellent que la vie est encore là, en mouvement, et qu'elle cherche à circuler.
Pour aller plus loin
Si ce sujet - joie et santé - résonne avec ce que vous vivez, je vous invite simplement à poursuivre votre chemin dans mon univers.
Vous pouvez découvrir mes articles, mes ressources et mes accompagnements sur mon site, ou me contacter directement si vous souhaitez échanger. Je suis naturopathe énergéticienne et communicante animalière, à Montauroux dans le Var. Tous mes accompagnements se font également à distance.
Références scientifiques
Pressman, S. D., Jenkins, B. N., & Moskowitz, J. T. (2019). Positive Affect and Health: What Do We Know and Where Next Should We Go? Annual Review of Psychology, 70, 627–650.
Steptoe, A., Dockray, S., & Wardle, J. (2009). Positive affect and psychobiological processes relevant to health. Journal of Personality, 77, 1747–1776.
Klaiber, P., Ong, L., Sin, N. L., et al. (2022). Age Moderates the Link Between Daily Positive Events and Well-Being: A Meta-Analysis.




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