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Pourquoi je n'arrive pas à me détendre ?

12 oct.
8 min de lecture
Femme profitant d'un moment de calme dans la nature

Vous avez peut-être déjà vécu cette situation.

Vous avez enfin terminé votre journée.

Les enfants sont couchés.

Les mails sont envoyés.

La maison est relativement calme.

Vous pourriez enfin souffler.

Mais quelque chose ne redescend pas.

Votre corps reste tendu.

Votre esprit continue de réfléchir.

Vous pensez à ce que vous avez oublié, à ce qu'il faudra faire demain, à cette conversation qui vous préoccupe.

Alors vous essayez de vous détendre.

Vous vous allongez.

Vous regardez une série.

Vous prenez un bain.

Vous essayez de respirer profondément.


Et pourtant…

vous n'arrivez pas vraiment à décrocher.

Parfois, cela peut même devenir agaçant : « Mais pourquoi je n'arrive pas à me détendre alors que, pour une fois, j'ai le temps ? »

Et si le problème n'était pas que vous ne savez pas vous détendre ?

Et si votre corps avait simplement besoin de retrouver progressivement la capacité à passer de l'état d'alerte au repos ?


Pourquoi je n'arrive pas à me détendre ?


Le stress n'est pas en soi quelque chose de mauvais.

Il fait partie des mécanismes d'adaptation de notre organisme. Face à une situation perçue comme exigeante ou menaçante, notre corps mobilise rapidement des ressources pour pouvoir y répondre.


Le système nerveux autonome participe notamment à cette régulation. Il intervient dans de nombreuses fonctions involontaires du corps et permet notamment d'adapter notre état physiologique aux demandes de notre environnement.

Dans une situation de stress aigu, certaines réponses physiologiques favorisent l'action : le rythme cardiaque et la respiration peuvent augmenter, la vigilance s'intensifier et certaines fonctions, comme la digestion, peuvent être momentanément modifiées.

Lorsque la situation se termine, l'organisme doit ensuite revenir progressivement vers un état plus calme.


C'est cette capacité d'adaptation et de récupération qui est importante.

Mais lorsque les sollicitations se répètent, sans véritable possibilité de récupération, le fonctionnement de la réponse au stress peut devenir plus complexe.

Les recherches sur le stress chronique montrent notamment l'implication du système nerveux autonome, des systèmes hormonaux et d'autres mécanismes physiologiques.


Cela ne signifie pas que votre système nerveux est « bloqué ».

Cela signifie plutôt que votre organisme peut avoir plus de difficulté à retrouver rapidement son état de repos après une longue période de sollicitation.


Stress et système nerveux : que se passe-t-il lorsque la tension dure ?


Imaginez que vous deviez rester attentive à beaucoup de choses pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois.

Votre travail.

Vos enfants.

Votre couple.

Les rendez-vous.

Les responsabilités administratives.

La santé d'un proche.

Les imprévus.

Et cette petite voix intérieure qui vous rappelle constamment tout ce qu'il ne faut surtout pas oublier.

Même lorsque rien de grave ne se passe à un instant précis, votre organisme continue de composer avec une multitude de demandes.


Le stress peut alors devenir moins visible.

Il ne ressemble plus forcément à une crise d'angoisse ou à une grande peur.

Il peut prendre la forme d'une tension permanente.

D'une difficulté à ralentir.

D'une impatience inhabituelle.

D'un sommeil moins réparateur.

D'une fatigue persistante.

D'une difficulté à vous concentrer.

Ou simplement de cette impression de ne jamais être complètement tranquille.


Le National Health Service britannique, le NHS, décrit parmi les manifestations possibles du stress des difficultés de concentration, des troubles du sommeil, des tensions musculaires, des problèmes digestifs, des inquiétudes persistantes ou encore un sentiment d'être dépassé.


Ces manifestations ne sont évidemment pas spécifiques au stress et peuvent avoir de nombreuses autres causes.

Mais elles peuvent constituer des signaux intéressants à écouter.


Pourquoi je n'arrive pas à me détendre même quand je me repose ?


C'est une question que j'entends régulièrement.

« Pourtant, je me repose. »

Et c'est vrai.

Vous pouvez passer une soirée entière dans votre canapé sans pour autant ressentir un véritable repos intérieur.

Parce que ne rien faire n'est pas toujours synonyme de récupération.

Vous pouvez être physiquement immobile tout en restant mentalement en activité.

Anticiper.

Planifier.

Analyser.

Vous demander si vous avez bien fait.

Penser à ce que vous devrez gérer demain.

Et parfois même culpabiliser de ne rien faire.

Le corps est arrêté.

Mais l'attention, elle, continue de fonctionner à plein régime.


C'est l'une des raisons pour lesquelles certaines personnes disent :

« Je suis épuisée, mais je n'arrive pas à me poser. »

Le sommeil joue également un rôle important dans les processus de récupération, et les relations entre sommeil et réponse au stress sont complexes et bidirectionnelles. Une revue systématique récente souligne notamment que les données concernant les réponses du système nerveux autonome et du cortisol après privation de sommeil restent hétérogènes, ce qui montre à quel point ces mécanismes sont plus complexes qu'un simple bouton « stress » que l'on pourrait allumer ou éteindre.


Les signes d'un organisme qui a besoin de récupérer


Il n'existe pas une liste universelle qui permettrait de dire : « votre système nerveux est saturé ».

En revanche, certains signes peuvent inviter à s'interroger sur notre niveau de tension et notre capacité à récupérer.

Par exemple :

  • vous avez du mal à vous arrêter même lorsque vous en avez la possibilité ;

  • vous êtes souvent en train d'anticiper ce qui pourrait arriver ;

  • vous avez l'impression d'être constamment sollicitée ;

  • vous passez facilement de l'impatience à l'épuisement ;

  • votre sommeil ne vous donne pas toujours la sensation de récupérer ;

  • vous avez davantage de difficultés à vous concentrer ;

  • vous ressentez régulièrement des tensions corporelles ;

  • des choses qui vous faisaient du bien auparavant vous demandent maintenant un effort ;

  • vous avez besoin de beaucoup de stimulation pour ne pas penser ;

  • ou, au contraire, vous ressentez parfois une forme d'épuisement profond.


Aucun de ces signes ne permet à lui seul de poser une quelconque conclusion.

Ils peuvent simplement nous inviter à regarder autrement ce que nous vivons.

Parce qu'une question intéressante n'est pas seulement :

« Comment faire pour me détendre ? »

Mais aussi :

« Qu'est-ce qui fait que mon organisme a autant de mal à ralentir ? »


Se détendre ne consiste pas seulement à faire davantage d'efforts


C'est peut-être là que nous pouvons changer de regard.

Lorsque nous n'arrivons pas à nous détendre, notre premier réflexe est souvent de chercher une nouvelle méthode.

Une nouvelle respiration.

Une nouvelle application.

Une nouvelle méditation.

Une nouvelle routine du soir.

Et ces outils peuvent effectivement être intéressants.


Mais ils ne répondent pas toujours à la question de fond.


Car si nous sommes déjà dans une logique de performance, nous pouvons très facilement transformer la détente en nouvelle tâche à accomplir :

Je dois méditer.

Je dois mieux respirer.

Je dois lâcher prise.

Je dois réussir à me calmer.

Et nous voilà encore en train d'essayer de faire quelque chose correctement.

Même pour nous détendre.

Or il n'est pas toujours nécessaire d'ajouter une nouvelle exigence.

Il peut parfois être plus intéressant de commencer par comprendre ce qui se joue.


Pourquoi je n'arrive pas à me détendre : et si cette difficulté avait quelque chose à m'apprendre ?


Notre manière de réagir au stress ne dépend pas uniquement de ce qui se passe aujourd'hui.

Elle peut aussi être influencée par notre histoire, nos habitudes, notre environnement, nos expériences et la manière dont nous avons appris à répondre aux situations exigeantes.


Certaines personnes ont appris très tôt à être autonomes.

À ne pas déranger.

À anticiper.

À prendre soin des autres.

À ne pas montrer leur fatigue.

À continuer même lorsqu'elles n'en peuvent plus.

Avec le temps, cette capacité à tenir peut devenir une véritable force.


Mais elle peut aussi avoir un coût lorsque l'organisme ne dispose plus de suffisamment d'espaces pour récupérer.

Cela ne signifie pas qu'il faut chercher une cause cachée à chaque difficulté.


Cela signifie simplement que comprendre notre fonctionnement peut nous permettre de sortir de la culpabilité.

Vous n'êtes pas nécessairement incapable de vous détendre.

Vous avez peut-être simplement passé beaucoup de temps à fonctionner en mode adaptation.


Retrouver progressivement un espace de calme


Il n'existe pas une seule manière de retrouver davantage de calme.

Et c'est précisément pour cela que je ne crois pas aux protocoles identiques pour tout le monde.


Pour certaines personnes, le premier pas peut être de mieux comprendre leur rythme et leurs besoins.

Pour d'autres, il peut s'agir de retrouver des temps de récupération réellement accessibles.

Pour d'autres encore, de remettre du mouvement, du lien, de la nature ou des activités qui procurent du plaisir.


Le travail peut aussi passer par les émotions : apprendre à reconnaître ce qui se joue plutôt que de chercher immédiatement à le faire disparaître.


Le corps peut également devenir un point d'appui : respiration, sensations, rythme, repos, alimentation, plantes ou autres ressources de la naturopathie peuvent trouver leur place selon la personne et son contexte.

L'objectif n'est pas de forcer le corps à se détendre.


Il s'agit plutôt de lui redonner progressivement les conditions qui peuvent favoriser la récupération.

Et cette nuance change beaucoup de choses.


Quand la détente redevient possible


Parfois, le premier signe n'est pas spectaculaire.

Ce n'est pas forcément une disparition soudaine du stress.

C'est peut-être simplement le moment où vous réalisez que vous avez passé dix minutes sans penser à tout ce que vous deviez faire.

Ou celui où vous appréciez enfin votre café sans consulter votre téléphone.

Une promenade pendant laquelle vous regardez réellement les arbres.

Un repas pris sans vous dépêcher.

Un moment avec votre animal. Un moment avec votre animal, sans rien avoir à faire, simplement dans sa présence.

Une soirée où vous ne ressentez pas le besoin de remplir chaque silence.

Un réveil qui vous donne, même légèrement, la sensation d'avoir récupéré.

Ces moments peuvent sembler petits.

Mais ils nous renseignent aussi sur notre capacité à retrouver de la présence et de la disponibilité intérieure.

La récupération n'est pas toujours spectaculaire.

Elle peut être progressive.


Et si vous arrêtiez de vous demander pourquoi vous n'arrivez pas à vous

détendre ?


Peut-être que la question mérite simplement d'être déplacée.

Au lieu de :

« Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à me détendre ? »



vous pourriez essayer :

« De quoi mon corps et mon esprit ont-ils besoin pour pouvoir ralentir davantage ? »

Cette question ouvre un autre espace.

Elle ne cherche pas un coupable.

Elle ne demande pas de réussir.

Elle invite à observer.

À comprendre.

À écouter.


Et parfois, c'est justement lorsque nous cessons de nous battre contre notre fonctionnement que nous pouvons commencer à retrouver l'accès à nos propres ressources.

C'est une conviction qui guide profondément ma manière d'accompagner.

Je ne cherche pas à imposer une méthode universelle ni à « réparer » ce qui ne fonctionnerait pas.

Je cherche d'abord à comprendre la personne dans son histoire, son quotidien, son corps, ses émotions et son environnement.

Puis à l'aider à retrouver progressivement l'accès à des ressources qui peuvent soutenir son propre chemin.


Lorsque le stress prend trop de place


Si cette difficulté à vous détendre s'accompagne d'une fatigue importante, d'une anxiété persistante, de troubles du sommeil ou de symptômes physiques qui vous préoccupent, il est important de ne pas tout attribuer au stress et de demander un avis médical lorsque cela est nécessaire.


Un accompagnement complémentaire peut ensuite trouver sa place en parallèle.

Dans mes accompagnements (à Montauroux ou à distance), notamment Au Fil du Vivant™, je m'intéresse à la manière dont le stress, les émotions, le corps, le rythme de vie et l'environnement peuvent interagir.

L'objectif n'est pas de vous apprendre à « lâcher prise » à tout prix.


Il est d'abord de comprendre ce qui se passe pour vous, puis de rechercher avec vous les ressources qui peuvent vous aider à retrouver davantage d'espace, de calme et de vitalité.


Pour aller plus loin

Si vous vous reconnaissez dans cet article, vous pouvez découvrir mes autres ressources sur le stress, les émotions et le fonctionnement du corps, ou parcourir mes accompagnements.

Et si vous souhaitez simplement échanger sur ce que vous vivez, vous pouvez également me contacter.



Références scientifiques

  • Ulrich-Lai, Y. M., Herman, J. P. (2021). Stress and the “extended” autonomic system. Stress, 24(5), 559–575.

  • Vaccarino, V., et al. (2024). Stress and cardiovascular disease: an update. Nature Reviews Cardiology, 21, 603–616.

  • Messa, R. M., Benfica, M. A., Ribeiro, L. F. P., et al. (2024). The effect of total sleep deprivation on autonomic nervous system and cortisol responses to acute stressors in healthy individuals: A systematic review. Psychoneuroendocrinology, 168, 107114.

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